Accueil

50 ans de phrases croustillantes et dérangeantes

De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, en 50 ans, la Vè République s’illustre de nombreuses phrases croustillantes, plus ou moins inscrites dans les mémoires et dans l’histoire. Florilège.



« Ce n’est pas à cinquante ans que je vais commencer une carrière de dictateur ». Le verbe haut du Général de Gaulle donne le ton. Avant d’être la république de l’image et de la télévision, la Ve République est avant tout celle du verbe, parfois fort, parfois maladroit. Parfois choquantes, mais toujours franches, les sorties verbales du Général de Gaulle n’ont jamais manqué de piquant. «Les français sont des veaux», sort-il, méprisant, du haut de sa stature imposante. Un charisme qui a envouté une grande partie de la France, qui y voyait son leader. Combien sont-ils à gober son paternaliste « je vous ai compris », lancé le 13 mai 1958 à Alger ? Il était politiquement difficile de succéder au Général, mais il était verbalement encore plus compliqué de le concurrencer. Certains s’y sont essayés, avec plus ou moins de succès, parfois malgré eux. Florilège arbitraire et non exhaustif.


De Gaulle :
« Mitterrand est une arsouille. Il est prêt à renier tout le monde et à se renier lui-même pour s’emparer du pouvoir ».
« Vive le Québec libre »
« Comment voulez vous gouverner un pays qui possède plus de 400 sortes de fromages ! »
« Je suis un monarchiste, la République n'est pas le régime qu'il faut à la France. »
« On ne devrait plus accepter de responsabilités suprêmes au-delà de soixante ans »


Pompidou :
« Il ne suffit pas d'être un grand homme, il faut l'être au bon moment »
« L'emprise de l'homme sur la nature est devenue telle qu'elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même. » (1970)
« Les temps changent. Autrefois, c'était l'homme qui décidait. Il donnait la vie, la femme était comme un frigidaire. Enfin, un frigidaire chaud ! Dont l'homme tirait la poignée ! »


Giscard :
« Aucun roi de France n'aurait été réélu au bout de sept ans. »
« La télévision est le premier pouvoir en France, et non le quatrième. »
« Vous n'avez pas le monopole du cœur. » [ Débat de l'entre-deux tours avec François Mitterrand, 1974. ]
« Je suis sûr que la postérité ne gardera aucune image de moi et que les hommes politiques ne laisseront pratiquement aucune trace. »


Mitterrand :
« Régime oblige : le pouvoir absolu a des raisons que la République ne connaît pas. »
« Laissez la tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre. »
« Je suis né chrétien, et je mourrai sans doute en cet état. Dans l'intervalle... »
« Sans tomber dans un excès de réalisme, c'est tout de même la moindre des choses de considérer que l'Allemagne est en Europe. » (Mars 1990)


Coluche :
« L'humour a toujours été contre le pouvoir, quel que soit le régime »
« Le gouvernement s'occupe de l'emploi. Le Premier ministre s'occupe personnellement de l'emploi. Surtout du sien. »
« La droite a gagné les élections. La gauche a gagné les élections. Quand est-ce que ce sera la France qui gagnera les élections ? »
« Je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire »


Chirac :
« Ceux qui laissent croire que, par une sorte d'abracadabra européen, tous nos problèmes seront résolus, se trompent et trompent les Français » (1978)
« Mais qu’est-ce qu’elle veut de plus, cette ménagère ? » (à propos de Margaret Thatcher)
« Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler !si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. » 1991
« La mondialisation est un nouveau visage de l'aventure humaine. »
« Le peuple n'est pas un vain mot »
« La culture n'est pas une marchandise. Les peuples veulent échanger leurs biens mais ils veulent garder leur âme »
« Face à l'intolérance et à la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible » (avant le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 qui l’opposait au candidat Front National Jean-Marie Le Pen)


Sarkozy :
« Quand on a le sentiment que le temps est compté, on agit plus et plus vite. »
« Il faut laisser les gens travailler plus, pour gagner plus, c'est mon programme (...) Moi je veux être le candidat du travail. »
« L'idéologie de mai 68 sera morte le jour où dans la société on osera rappeler chacun à ses devoirs. »


Borloo :
« Sarkozy, c'est le seul qui a été obligé de passer par l'Elysée pour devenir premier ministre. »

Sébastien Tronche

Pour aller plus loin : Rue89 : « De de Gaulle à Sarkozy, les "offs" présidentiels en vidéo »