Le Twenty show rencontre les vingtenaires
Pour la première fois, la télévision – Arte – et le net – Myspace – s’associent et créent le Twenty show. En 40 «webisodes», la série raconte la jeune génération. Elle n’aura bientôt plus de secret pour vous...

Arte rajeunit... La chaîne historique a finalement un temps d’avance et entre dans l’ère du média global ! En partenariat avec Myspace.com, l’un des acteurs incontournables du net, Arte change de ton pour lancer une nouvelle série sur le web – Twenty show – dédiée à la nouvelle génération. Inspirée de « Hitler… connais pas ! », réalisé par Bertrand Blier il y a plus de 50 ans, le Twenty show se veut un témoignage de la jeunesse de 2008, comme le documentaire de B. Blier l’était de celle des années 1950. Pour Bruno Nahon, le producteur, la série sonnait comme une évidence, il fallait que nos enfants puissent s’imaginer l’époque de l’ère du bouleversement technologique.
Presque tout sur les vingtenaires...
Chaque semaine depuis le 1er Octobre, Mia, Martin, Victor et Yasmine tiennent leur video-blogs sur myspace.com. Ils ont entre 17 et 21 ans, et nous livrent leur histoire. Entre angoisses et coups de cœur, ils tentent de trouver leur place. Avec quatre univers différents, ils reflètent la génération des vingtenaires dans son ensemble. L’une, Mia est en proie à une crise existentielle : trop jeune pour faire ce qu’elle veut, et déjà assez mûre pour le savoir.
Yasmine, quant à elle, est déterminée. Elle deviendra comédienne coûte que coûte, mais se heurte déjà aux difficultés du métier. En d’autres termes, elle galère ! Martin, le plus jeune, petit génie des maths, se retrouve à Paris dans une des prépas les plus réputées. Perplexe quant à son avenir, il fait de son ordinateur son meilleur ami. Victor, lui, est en pleine révolte. Élevé dans un milieu de « gauche », quoiqu’un peu trop matérialiste, il engage une bataille contre un capitalisme « vorace et décomplexé ».
Fiction ou réalité ?
La chaîne entretient le trouble. Chaque personnage a une fiche myspace, et des amis sur facebook. Les internautes, un peu confus, n’hésitent pourtant pas à commenter les vidéos et semblent s’identifier aux personnages. Et pour cause, ils sont plus vrais que nature. Anna Mihalcea, alias Mia Soprincess, déjà actrice professionnelle n’a, pourtant que 23 ans. « J’ai beaucoup rencontré Agathe Riedinger, (l’une des 4 réalisatrices), avant le tournage. Elle m’a toujours associée à la mise en scène pour que je puisse apporter ma propre contribution », explique-t-elle. C’est d’ailleurs ce que voulait la production : « nous avons joué sur la justesse », indique-t-on chez Arte qui veut aller encore plus loin. Les 40 « webisodes » sur Myspace ne constituent que la première étape. L’objectif : monter une version télévisée de 90 minutes du Twenty show, où seront intégrés réactions et commentaires spontanés des internautes.
Alors, les jeunes, vraiment en mal de communication ? Foutaise ! Avec les Vlogs – pour vidéo-blog, importé directement d’outre-atlantique –, la génération numérique est plus que jamais le symbole de l’échange. D’ailleurs, la chaîne recherche un cinquième personnage qui serait, cette fois, un internaute réel. Alors tous à vos caméras, vous serez peut-être la prochaine star du Twenty Show !
Faustine Calmelet3 questions à Agathe Riedinger
26 ans et diplômée des Arts décoratifs de Paris, Agathe Riedinger n’en est pas à son premier court-métrage. Après, « belle et bête à la fois » - qui a gagné un concours de scénario – et ses trois participations au 48 hours film project/faire un film en 48 heures , elle apporte sa contribution au Twenty Show. Elle nous fait partager son expérience.

Au Marbre : Pouvez-vous décrire le concept en quelques mots ?
Agathe Riedinger : L’idée originale était de faire un portrait des jeunes d’aujourd’hui.
La production recherchait quatre jeunes réalisateurs, pour créer du neuf, du nouveau. Ils nous ont donné carte blanche. La démarche entre le producteur, Bruno Nahon et les réalisateurs était très libre. Nous devions respecter la charte de départ, mais nous avions la possibilité d’utiliser nos propres codes de mise en scène. D’un point de vue artistique, rien ne nous était imposé. Nous avons tous dirigé les acteurs de façon différente. D’ailleurs, nous avons peu travaillé ensemble, pour ne pas nous influencer mutuellement. Il était important pour chacun de conserver son propre univers.
En ce qui me concerne, j'ai tenté de chorégraphier le mouvement général des séquences, et de créer une image graphique dans laquelle Anna (qui interprète le rôle de Mia) a pu faire évoluer son personnage.
A.M : Que vous a apporté ce projet ?
A.R : Le Twenty show a été très enrichissant à tous les niveaux. D’abord parce que c’était la première fois que je réalisais un film dont je n’avais pas écrit le scénario moi-même - Audrey Diwan était la scénariste pour le personnage de Mia-.
C’était une très bonne expérience car je devais respecter un concept, une idée générale. Ce projet était un tout nouvel exercice de style, pour lequel nous devions oublier les codes du cinéma pour adopter ceux du blog. Nous devions uniquement tourné en plan séquence, face caméra. Il a fallu trouver des astuces pour donner à l’image une dynamique. Pour Mia, j’ai voulu donner une esthétique à l’image grâce au choix des couleurs, de la texture des vêtements... et en utilisant des accidents visuels, comme ils existent au cinéma.
A.M : Après le Twenty Show, quelles perspectives s’offrent à vous ?
A.R : Le Twenty Show devrait être monté en programme pour la télévision, et devrait être diffusé en février. La production et Arte souhaitent intégrer aux épisodes que nous avons tournés, les réactions et commentaires des internautes.
Je travaille aussi sur mon prochain court-métrage : « Je viens pour la chanson ».
Propos recueillis par Faustine Calmelet
