Accueil

« Fermons les Jyeux »

Boycotter ou pas les Jeux Olympiques, telle a été la question pendant un temps. Pourquoi Etats, institutions sportives, athlètes, CIO ne s’opposent-ils pas à la tenue des JO 2008 à Beijing alors même que les exactions commises par les autorités chinoises sont unanimement montrées du doigt ?



De Paris à Londres, en passant par San Fransisco, les relais ont dû être interrompus voire annulés, les itinéraires revus du fait de l’opposition rencontrée sur place. En Chine, personne ou presque n’en saura rien. Pour cause, la désinformation de masse organisée par les media chinois sur le passage de la flamme olympique. La manipulation des images entraîne au contraire une tension entre les peuples, jusqu’au boycott de marques françaises par les Chinois. Le tout orchestré politiquement par le pouvoir. Quel bel esprit olympique !

Une force préventive chinoise détachée à la surveillance des journalistes étrangers

Puis viennent les Tibétains, réduits au silence devant les caméras du monde entier, la répression violente de toutes manifestations même pacifistes de ces derniers, les procès et arrestations arbitraires...


Pouvons-nous oublier que la liberté de la presse, si défendue dans le monde occidental, est ouvertement bafouée ? Pourtant dans les hautes sphères, personne ne s’en offusque. Une lettre ouverte de l’association « reporters sans frontière » du 29 novembre 2007 alertait déjà le CIO des risques d’atteinte au droit à l’information. Une force préventive chinoise a même été détachée spécifiquement à la surveillance des journalistes étrangers, - officiellement dans le cadre de la protection de la sécurité de l’Etat. Cela va même plus loin puisque cette police un peu spéciale, au moyen de la loi sur la diffusion de l’information de mars 2008, contrôle non seulement l’utilisation des sites Internet, mais aussi la teneur des sms.

« Ne pas mélanger sport et politique »

Que dire dès lors du message du CIO qui, dans un communique du 17 mai 2008 « felicite l’organisation exemplaire de la ville de Beijing, et salue l’avancée des travaux infrastructurels », sans mentionner à aucun moment les problèmes connus de tous ?


Etats, CIO, et représentants divers du mouvement sportif mondial se retranchent derrière le respect de la Charte Olympique. Il s’agit, disent-ils, de ne pas mélanger sport et politique. Vaut-il mieux alors ne pas se préoccuper des conditions de détention des prisonniers chinois, des infanticides pratiqués dans les campagnes, ni de la violation quasi systématique des libertés individuelles ? Apparemment...


Laissons donc la Chine profiter de l’image positive que va lui procurer l’organisation des JO en fermant les yeux sur ce qui choque le monde. Une position commune défendue implicitement par ceux qui détiennent le pouvoir.
Où sont donc passés l’esprit olympique et les valeurs humanistes universelles de partage à travers le sport ? Force est de constater que quelques contrats et plusieurs milliards de dollars valent bien mieux que la protection de valeurs pourtant reconnues de tous.

Salim Boufenara

4 questions à Ali Allab, boxeur francais qualifié pour la
deuxieme fois consécutive aux Jeux Olympique


Au Marbre : Après tout ce qui s'est passé autour des JO cette année, dans quel esprit arrivez-vous en Chine?
Ali Allab : Je suis concentré sur mes objectifs et j’essaye de ne pas penser à ce qui se dit ou se fait autour du sport. Chacun son rôle, le mien c’est de boxer et d’essayer d’être le plus efficace.


A.M : Si la délégation menait une action pour dénoncer le régime chinois, voudriez-vous vous joindre à elle?
A.A : Je ne pense pas que ce soit mon rôle. Je ne suis pas un politique. Comme je vous l’ai dit je suis là pour boxer point.


A.M : Comment se passe la préparation d'un tel événement sportif?
A.A : C’est un peu particulier parce qu’il y a d’abord eu cette qualification que j’obtiens pour la deuxieme fois, au dernier moment en Grèce. C’est mon deuxième ticket pour les JO. On fait des stages de préparation avec l’équipe de France, et ensuite direction la Chine, où je serai rejoint par mon entraineur des Mureaux Moktar Hajri, qui est aussi du voyage.


A.M : Quels sont vos objectifs?
A.A : Comme chacun je rêve d’aller au bout, mais ce n’est jamais facile. Je vais tenter de rester concentré et aborder les matchs les uns après les autres.

Propos recueillis par Salim Boufenara