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La cigale chante, les fourmis légifèrent

Paru sur hautcourant.com le 25 juin 2008


Il était partout, il est partout, il sera partout. Nicolas Sarkozy se retrouve de nouveau sur tous les fronts. Il s’était calmé suite à la sévère défaite de son parti aux municipales, ayant compris que sa communication tous azimuts énervait. Le répit aura été de courte durée et il n’a pas pu s’empêcher de revenir omniprésent sur le devant de la scène, le gouvernement dans la caravane.



Les offensives sont multiples : assurance maladie, loi de modernisation de l’économie, spots publicitaires onéreux sur le pouvoir d’achat, réévaluation des quotas dictée par Brice Hortefeux en matière d’immigration, rapport de la Commission Copé sur la télévision publique. Une effervescence médiatique qui occulte et met volontairement au second plan le programme de la session extraordinaire de l’Assemblée Nationale prévue à partir du 1er juillet. Seront votées, dans l’indifférence des vacances estivales, le projet de loi portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail – avec en mesure phare, la refonte des 35 heures -, celui relatif aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi – où sera débattue la définition de la si décriée offre raisonnable d’emploi – et le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République. Trois réformes sensibles que le Président fait passer en session extraordinaire donc. Quand les Français préfèrent le farniente aux luttes sociales. Pas bête le pensionnaire de l’Elysée.


Afin d’éviter les turbulences que ces réformes nationales de premier plan peuvent engendrer, Sarkozy va attirer le regard et les médias (à moins que ce ne soit le regard des médias) sur son hyperactivité internationale. L’occasion fait le larron et ce larron-là souhaite sauver le monde entier. Présidant le Conseil de l’Union européenne au nom de la France, comment va-t-il surmonter le « non » irlandais ? Suite à son récent discours devant la Knesset, Sarkozy souhaite proposer une alternative aux Etats-Unis dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Sans l’hyper médiatisation hexagonale, on dirait du Chirac dans le texte. Et pendant ce temps-là, les députés UMP pourront légiférer en toute tranquillité, insidieusement dans l’ombre de la capitale. Voilà l’été !

Sébastien Tronche