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Le Pari risqué du Revenu de Solidarité Active

Expérimenté dans près de 40 départements Français, le Revenu de Solidarité Active devrait être généralisé début 2009. Mais les comptes de l’Etat ne le voient pas d’un si bon œil. La question de son financement préoccupe…



Sarko

RSA de-ci, RSA de-là…


Le Revenu de Solidarité Active a fait une entrée magistrale dans les colonnes de la presse. Pur produit de la si décriée «ouverture à la Sarko», il fait pourtant l’unanimité. Oui, mais seulement dans l’idée. C’est «une bonne intention», se prononcera François Hollande. Il est tellement rare que droite, gauche, et aujourd’hui, centre s’entendent, qu’il était temps d’y insérer une pomme de discorde…. Financière….
Initié par Martin Hirsch, alors Président d’Emmaüs France, et son équipe de l’Agence nouvelle des solidarités actives –fondée en Janvier 2006–, le RSA est le projet plébiscité des élections présidentielles. De tous les programmes, il fait partie. Mais Sarko l’emporte, le RSA avec. Et pour tenir ses promesses, il crée un poste pour Martin Hirsch.


C’en est trop


Aujourd’hui Haut commissaire, il prend du pouvoir et veut un budget de presque 3 milliards d’euros. Une bagatelle qui risque de coûter cher au projet, lui-même ! Et pour cause, l’Etat accuse un déficit de plus de 40 milliards. Qu’adviendra-t-il de la mission de Martin Hirsch ? est la question que tout le monde se pose. Lui qui n’en sait rien encore, fait bonne figure mais pâlit. Il se dit «confiant» mais «inquiet» et presse le Gouvernement de «mettre le paquet» sur le RSA. Et martèle enfin qu’il est «un système durablement rentable». Mais la gauche accuse déjà la majorité d’avoir enterré le projet, celle-ci ayant concédé un budget de seulement 700 à 800 millions d’euros. Nicolas Sarkozy rassure. Il n’est pas question d’abandonner le RSA, mais celui-ci devra être «calibré» en fonction des finances de l’Etat. Bottant en touche, une partie de la majorité souhaiterait une période d’expérimentation plus longue. Mais le pari est tenu, et sa généralisation est prévue pour 2009.


Et le couperet tombe


L’objectif du RSA : rendre financièrement le travail plus attractif pour les chômeurs. Un pari gagnant-gagnant donc. Pour autant, la polémique enfle autour des éventuels perdants du RSA.
Lors de la si attendue intervention de Nicolas Sarkozy, mais pourtant si peu satisfaisante - selon un sondage OpinionWay réalisé pour Le Figaro et LCI, 51% des personnes interrogées, contre 49%, n'ont pas trouvé le président de la République convaincant -, il annonçait le financement du RSA par un redéploiement partiel de la prime pour l'emploi, pour un coût de «1 ou 1,5 milliard d'euros». «Cela revient à faire payer la solidarité par les plus pauvres», s’écrie-t-on sur les bancs de gauche et du centre. Un vrai argument ou une hostilité de principe ? Quoiqu’il en soit, c’est un pari risqué et le compromis devra se faire avec précaution. Le Gouvernement, avec Martin Hirsch en tête, sauront-ils convaincre ? La machine est lancée. Il ne reste plus qu’à espérer que l’immobilisme français ne soit pas héréditaire.


Faustine Calmelet